Par Plotin YAMBENGA
Les bouchons font désormais partie de la vie à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo.
Il ne se passe pas un jour, voire une heure sans qu’il y ait des bouchons sur les grandes artères de la ville,peu importe l’heure.
Dès six heures, les principales voies qui donnent accès au centre ville sont bloquées.
Certains propriétaires des voitures préfèrent emprunter des motos pour non seulement y échapper, mais aussi arriver à temps sur le lieu de travail.
Cette situation plonge davantage les kinois dans le désarroi dans une ville où le déplacement des personnes et des biens ne se fait que par voie routière.
Sortir de sa maison sans penser aux embouteillages monstres qui se forment à travers la ville est quasiment impossible, à moins que l’on soit un étranger.
Plusieurs conséquences découlent de cette problématique dont la principale reste l’augmentation du prix de la course ou du trajet en taxi ou à bord d’un bus de transport en commun.
À cela s’ajoute la pratique dite « demi-terrain », consistant à faire payer aux passagers le double , voire le triple du prix fixé dans la grille tarifaire pour un mini-trajet.
En outre, D’une certaine manière, les embouteillages produisent des effets néfastes sur les activités commerciales dans Kinshasa.
Une ville où tout se fait dans un seul coin
À Kinshasa, les embouteillages sont principalement dus à l’organisation de l’administration et du pool économique.Toutes les activités sont concentrées dans les communes de la Gombe, Lingwala, Limete, Kinshasa et Barumbu.
Chaque matin, près de la moitié de la population est censée se rendre dans l’une de ces communes en empruntant les artères principales pour y exercer ses activités.
Gombe reste le siège de l’administration publique, Kinshasa celui des activités commerciales, suivie de Limete , commune industrielle et Barumbu.
Le district de la Tshangu, le plus populeux de la ville, situé dans sa partie Est, n’a qu’une seule voie pour accéder au cœur des activités commerciales et industrielles.cette voie n’est rien d’autre que boulevard Lumumba, qui traverse les communes de Limete, une partie de Matete, N’djili, Masina et Kimbanseke.
Chaque matin, c’est des centaines de véhicules qui quittent l’Est pour l’ouest via Ce Boulevard.Quand le soir arrive, ils vont l’inverse .
le manque de secondaires pouvant désengorger le Boulevard Lumumba est également l’une des causes des embouteillages dans cette partie de la ville.
Le même constat est fait dans l’ouest , précisément dans les communes de Mont-Ngafula et Ngaliema, très denses en termes de population.
L’avenue du tourisme, communément appelée « Nzela ya mayi », construite le long du fleuve, reste la principale route d’entrée et de sortie empruntée par les habitants de ces deux communes pour atteindre le centre-ville.
Certains observateurs ajoutent à cette liste le non respect du code de la route par la plupart des conducteurs qui conduisent dans Kinshasa.Après une analyse minutieuse de la situation, l’on réalise que cette thèse ne tient pas vraiment la route.
Les régimes politiques qui se sont succédé à la tête de cette métropole n’ont pas réfléchi à la possibilité de modifier son système de transport, vu l’évolution démographique.
La structure actuelle est, certes, un héritage de colons.mais, elle mérite d’être modifiée compte tenu du fait que la population kinoise accroît à une vitesse alarmante.
L’on estime aujourd’hui à 15 millions le nombre de personnes vivant à Kinshasa,alors qu’avant l’indépendance, l’on en comptait moins de
5 millions.
La construction du chemin de fer , une véritable priorité
Cette évolution démographique doit nécessairement interpeller les dirigeants sur l’avenir de la ville qu’ils dirigent.
La construction d’un réseau de chemin de fer doit être inscrite sur la liste de principales priorités pour éviter que le pire n’arrive.
Un rail qui parte de Maluku au centre-ville faciliterait le transport de personnes et de leurs biens en un laps de temps en lieu et place d’utiliser la voie routière.
Outre cela, l’on devra réfléchir à la possibilité de délocaliser certains ministères , entreprises et sites tels que le marché central.
Zando est en cours de construction, une initiative saluée par tous.mais, est-il qu’il se posera un problème d’assainissement à la longue , notamment provoqué par le manque d’espace pour faciliter l’évacuation d’immondices.
Puisque la population augmente de jour en jour, il serait mieux de bâtir le marché central dans un espace plus vaste dans l’Est.Celui dont les travaux de construction sont en cours pourrait être réservé uniquement aux communes environnantes ou aux commerçants grossistes.
Le ministère provincial qui a les infrastructures dans ses attributions pourra , soit construire des marchés communaux où les ventes s’effectueront en détails, soit construire un marché commun plus vaste dans l’Est.
Le fleuve étant navigable entre Maluku et le centre ville, il y a donc possible d’y mettre des bus fluviaux pour assurer le transport des personnes vivant dans ce coin.
Ces mesures sont susceptibles de créer un équilibre en terme de déplacement de personnes dans la ville .Tout le monde n’aura plus à emprunter la même voie ou la même direction le matin comme le soir tel que c’est le cas aujourd’hui.
Si en 2023 le déplacement devient un casse-tête, dans 10 ou 15 ans, si ce problème persiste, eh bien Kinshasa deviendra non viable.la diversification de moyens de transport est donc une solution efficace contre les embouteillages dans cette ville, troisième la plus peuplée d’Afrique après le Caire en Egypte en Lagos, au Nigeria.


