Par Grâce Kobele
La ville de Goma traverse, ce vendredi 2 janvier 2026, une nouvelle phase de forte tension sécuritaire et sociale. Une marche populaire prévue pour exiger le départ de l’AFC-M23 et de ses combattants n’a pas pu se tenir, étouffée par une vague d’arrestations et un climat de peur généralisé.
Selon plusieurs sources locales, au moins 70 jeunes impliqués dans l’organisation de cette manifestation ont été interpellés au cours des dernières heures. Les organisateurs qualifient ces arrestations d’arbitraires et estiment qu’elles visent principalement à empêcher toute mobilisation citoyenne contre la présence du mouvement armé dans la ville.
La situation s’est davantage détériorée après la diffusion d’informations faisant état de menaces de mort attribuées au général Sultani Makenga, chef de l’AFC-M23, à l’encontre de toute personne qui tenterait de résister ou de participer à la marche. Par ailleurs, des éléments armés auraient été déployés dans plusieurs quartiers stratégiques de Goma afin de dissuader tout rassemblement.
Les organisateurs dénoncent une répression qu’ils jugent injustifiée. « Plus de 70 jeunes ont été arrêtés sous prétexte d’être en contact avec des personnes appelant à la manifestation. Avoir le numéro de quelqu’un dans son téléphone ne fait pas de lui un complice de l’organisation d’une marche », a déclaré Sankara Bin Kartumwa, l’un des initiateurs de la mobilisation.
Face à cette situation, la population de Goma exprime sa frustration et son inquiétude. Entre arrestations, menaces et présence militaire accrue, la liberté d’expression et le droit de manifester semblent de plus en plus restreints dans une ville déjà éprouvée par des années d’insécurité.

