Par Jespere Labunda
La gouvernance de l’enseignement supérieur dans la province du Lualaba est secouée par une décision controversée du Recteur de l’Université de Kolwezi (UNIKOL) relative à la fermeture du Centre universitaire de Kasaji.
_Origine du malentendu_
En décembre 2025, lors d’une réunion à Kolwezi avec les chefs d’établissements, la Ministre de l’ESURSI a réagi négativement à la présentation du Recteur de l’UNIKOL, qui a qualifié Kasaji de simples « auditoires délocalisés ». Cette présentation a suscité des inquiétudes quant à la qualité de la formation et à la dépendance de l’UNIKOL aux enseignants visiteurs.

_Une confusion juridique majeure_
Contrairement aux propos du Recteur, Kasaji est un Centre universitaire créé par arrêté ministériel, doté d’une existence juridique propre. L’assimiler à une extension administrative interne constitue une erreur juridique lourde, révélatrice d’une méconnaissance du cadre légal de l’enseignement supérieur.
_Une décision rectorale contestable_
Le 17 décembre 2025, le Recteur a signé une décision portant fermeture du Centre universitaire de Kasaji, alors qu’une telle structure relève de la compétence ministérielle. La publication tardive de cette décision, en janvier 2026, renforce les soupçons d’une manœuvre politique plutôt que d’une mesure académique fondée.
_Instrumentalisation des communautés locales_
Face aux protestations locales, le Recteur, par l’intermédiaire de son Directeur de cabinet, aurait tenté de faire porter la responsabilité de la fermeture à la Ministre, en encourageant des actions de rue. Cette stratégie de défausse est préoccupante dans un contexte social et sécuritaire fragile.
Cette affaire révèle: une mauvaise interprétation du cadre juridique, une personnalisation excessive des décisions académiques,et une instrumentalisation des communautés locales à des fins politiques.
Dans un État de droit, l’enseignement supérieur ne peut être gouverné ni par la rue ni par des décisions unilatérales contraires aux arrêtés ministériels. Une clarification juridique et institutionnelle urgente s’impose pour prévenir toute escalade.


