Par Grâce Kobele
Le président de la communauté banyamulenge, Henock Sebineza, a fermement rejeté l’idée selon laquelle son groupe aurait besoin de la protection du Rwanda. S’exprimant sur la chaîne nationale, il a dénoncé ce qu’il considère comme une instrumentalisation de sa communauté à des fins stratégiques et économiques par Kigali.
Selon lui, l’argument de la « protection », avancé depuis près de trente ans, masquerait en réalité un projet de déstabilisation et de déportation des Banyamulenge, notamment dans la région d’Uvira, récemment touchée par des affrontements armés.
Réagissant à l’annonce du retrait des troupes rwandaises, Henock Sebineza a mis en doute la sincérité de cette démarche. Il affirme que ces forces se trouveraient toujours à une trentaine de kilomètres d’Uvira, au lieu de se replier vers Kamanyola, située à environ 75 kilomètres.
Il a également accusé la RDF et l’AFC-M23 d’avoir tenté de semer le chaos à Uvira, sans toutefois atteindre leurs objectifs.
« Ils ont voulu créer le chaos. Certes, il y a eu des problèmes, mais Dieu merci, ils n’ont pas réussi. Je dénonce la présence des troupes rwandaises, soutenues par certains Congolais regroupés au sein du M23, qui ont occupé Uvira sous prétexte de protéger notre communauté. Depuis 30 ans, nous dénonçons cette politique du Rwanda, qui prétend nous protéger alors qu’il défend avant tout ses propres intérêts », a-t-il déclaré.
Poursuivant son intervention, il a ajouté :
« Ces intérêts sont connus : piller les ressources de la RDC et, surtout, nous chasser, nous les Banyamulenge, de notre propre pays. Nous n’avons pas besoin de la protection du Rwanda. Leur objectif est de nous déporter vers le Rwanda, mais nous continuons à résister jusqu’à aujourd’hui. »
Henock Sebineza a par ailleurs mis en garde contre les pressions extérieures susceptibles d’alimenter les conflits ou de fragmenter davantage les communautés locales. Il a appelé les populations du Sud-Kivu à faire preuve de vigilance et de cohésion.
Enfin, il a exhorté l’État congolais, ainsi que les partenaires régionaux et internationaux, à maintenir une pression diplomatique et sécuritaire afin d’obtenir le retrait total des troupes rwandaises du territoire de la République démocratique du Congo.


