Le théâtre politique congolais vient d’offrir une nouvelle scène de tragi-comédie dont il a le secret. En revenant sur ses propres paroles pour réaffirmer une loyauté de circonstance au Chef de l’État, le deuxième vice-président du Sénat, Bahati Lukwebo, ne se contente pas d’un simple exercice de rhétorique ; il illustre la faillite éthique d’une certaine classe dirigeante.
« Mentir, mentir, il en restera un » : ce titre, détournement cynique de l’adage célèbre, s’accommode parfaitement à la trajectoire de celui que l’on surnomme « Maradona ». Il souligne la persistance d’une stratégie de survie basée sur l’illusion. En effet, dans cet échafaudage politique où les convictions sont aussi mouvantes que le sable, le mensonge finit par devenir l’unique pilier qui soutient encore l’édifice des carrières déclinantes.
D’abord, il convient de souligner que la constance est la boussole de tout homme d’État digne de ce nom. Or, ici, le retrait des propos n’est pas une marque de sagesse, mais bien évidemment l’aveu d’une « mesquinerie politique ». Par conséquent, lorsqu’un acteur de ce rang s’oppose à la vision maîtresse de son alliance avant de se rétracter piteusement, il ne fait pas preuve de diplomatie, plutôt d’une irresponsabilité flagrante. La logique voudrait qu’un désaccord profond soit scellé par une démission officielle, acte de dignité suprême.
De plus, le cas de Bahati Lukwebo pose la question de l’avenir : que peut encore espérer la République d’un homme de plus de 80 ans dont le bilan brille par son absence ? C’est ainsi que mon titre prend tout son sens : à force de se dédire, il ne reste plus de l’homme politique que l’ombre de ses propres contre-vérités. Il devient le symbole d’une « animation politique » nourrie par l’avidité et l’égocentrisme, au détriment de l’intérêt supérieur de la nation.
Enfin, la RDC se trouve à un tournant. Le pays ne peut plus se permettre de laisser cette « crasse politique hybride » mettre en péril la sûreté nationale par des jeux de coulisses incessants. En définitive, rejeter les excuses de Lukwebo n’est pas une question de rancune, mais de salubrité publique. Si le mensonge est une arme, le déclassement politique doit être la réponse pour ceux qui l’utilisent comme seul programme de gouvernement.
*Rigobert MUKENDI*


