Par Grâce Kobele
Une conférence-débat s’est tenue ce vendredi 20 mars à l’Université des Sciences de l’Information et de la Communication (UNISIC), autour du thème : « Les enjeux du journalisme spécialisé ». L’oratrice du jour, Catherine Fruchon-Toussaint, journaliste culturelle et présentatrice de l’émission « Littérature sans frontières » sur Radio France Internationale, a échangé avec les étudiants ainsi que les doctorants de l’école doctorale.
D’entrée de jeu, elle a rappelé que le journalisme, qu’il soit généraliste ou spécialisé, demeure avant tout un métier qui s’apprend et ne s’improvise pas. Elle a insisté sur les fondamentaux de la profession : la vérification des faits, la responsabilité face aux fake news et à l’intelligence artificielle, ainsi que le sérieux et la rigueur dans la pratique.

Abordant la question de la spécialisation, l’intervenante a souligné qu’elle n’exclut en rien la polyvalence. À l’ère du numérique et de la diversité des supports, le journaliste doit être capable de diffuser l’information sous différents formats : audio, visuel et écrit. Elle a ainsi mis en avant l’importance du profil de journaliste multimédia, proche de celui du Journaliste Reporter d’Images (JRI).
Revenant sur le journalisme spécialisé, elle l’a présenté comme une branche permettant d’apporter davantage de profondeur aux sujets traités. Partageant son parcours, elle a expliqué que son intérêt pour la littérature, notamment les romans policiers, lui a offert une autre manière de raconter le monde, différente de celle du journalisme d’actualité.
« Pour comprendre la guerre d’Algérie, liée à l’histoire de la France, je ne l’ai pas comprise grâce aux médias, mais grâce aux romans », a-t-elle illustré.

Par ailleurs, elle a évoqué les défis auxquels fait face le journalisme culturel, notamment le journalisme littéraire, dans un contexte marqué par les mutations technologiques. Elle a déploré que certains médias aient réduit, voire supprimé, ce type de contenu, estimant à tort qu’il n’intéresse plus le public. Pourtant, selon elle, l’intérêt demeure bien réel, comme en témoignent la production continue des écrivains et l’engagement des lecteurs.
S’adressant aux apprenants désireux de s’orienter vers le journalisme culturel, Catherine Fruchon-Toussaint a recommandé de bien se renseigner sur les lignes éditoriales des médias ciblés et sur la place qu’ils accordent à ces contenus. Elle a également insisté sur le fait que cette spécialisation repose sur une formation autonome, nourrie par la lecture, la curiosité intellectuelle et les échanges avec les acteurs du milieu.
Forte de plusieurs années d’expérience, elle a conclu en décrivant le journalisme comme un métier passionnant, riche en rencontres et en gratifications.


