Par Laetitia Prunelle
Invité du Journal Afrique sur TV5 Monde le lundi 25 mai 2026, le ministre de la Communication et des Médias de la République démocratique du Congo (RDC), Patrick Muyaya Katembwe, a dressé un bilan alarmant de la situation dans l’Est du pays. Alors que la province du Nord-Kivu fait face à une nouvelle résurgence du virus Ebola en plein contexte de conflit armé, le porte-parole du gouvernement a affirmé que la présence militaire étrangère représentait désormais le principal obstacle à une riposte sanitaire efficace.
Une expertise médicale paralysée par l’insécurité
Patrick Muyaya a tenu à rappeler l’importante expérience acquise par la RDC dans la gestion des crises épidémiques passées. Selon lui, le pays maîtrise parfaitement les protocoles médicaux d’urgence, mais le défi actuel dépasse largement le cadre sanitaire :
» Ebola n’est pas le Covid », a-t-il insisté, tout en nuançant son propos pour ne pas céder à l’alarmisme ».
Pour l’exécutif congolais, le véritable nœud du problème réside dans l’environnement sécuritaire dégradé, qui empêche le déploiement et l’action des équipes médicales sur le terrain. Le ministre a notamment dénoncé l’asphyxie de la ville de Goma, déjà sous haute tension, en raison du blocus imposé par les forces rebelles et de la fermeture des principales voies de communication. Cette situation asphyxiante complique l’acheminement de l’aide humanitaire et fragilise une population civile déjà durement éprouvée.
Pas de trêve : Kinshasa exige le retrait des troupes
Interrogé sur l’éventualité d’une trêve ou d’une pause militaire pour permettre l’intervention des personnels soignants, Patrick Muyaya a catégoriquement rejeté cette option. Pour Kinshasa, seule la libération totale du territoire par les forces extérieures permettra de stabiliser la zone.
Aucun compromis provisoire avec les forces d’occupation n’est envisageable.
L’exigence principale demeure le retrait immédiat et sans condition des troupes rwandaises ainsi que de leurs alliés.
Le ministre a insisté sur le fait que « la meilleure stratégie de riposte à Goma réside dans le départ des forces étrangères et la mise à l’écart de leurs supplétifs ». Il a également souligné que ces groupes armés ne disposent ni des compétences nécessaires ni de la volonté requise pour faire face à une crise sanitaire d’une telle ampleur.
En conclusion, tout en réaffirmant que la priorité absolue du gouvernement reste la protection des populations face à la menace d’Ebola, Patrick Muyaya a lancé un appel pressant à la communauté internationale. Son message est clair : dans l’Est de la RDC, l’urgence sanitaire est désormais indissociable de la résolution de la crise sécuritaire.


