Parmi ceux qui ont pris l’habitude de lire mes chroniques, il y a de plus en plus d’anciens condisciples étudiants en journalisme. Ils m’ont posé deux questions auxquelles je m’efforce de répondre aujourd’hui. Primo : qu’est-ce qu’une école de journalisme ? Secundo : et pourquoi leur Isti change-t-il constamment de nom ?
Je dirai, en liminaire et pour moi, que l’Isti (Institut des sciences et techniques de l’information) n’a jamais changé de destin, même si les terminologies ont dû évoluer depuis sa création en 1973. Mes sources : Prof Malembé (interview 3/5/2010 sur Radio-Okapi) et Prof Ekambo (plaidoyer pour l’Unisic 16/11/2023, devant le Ministre de l’Esu). En résumé en 4 points, je vais m’efforcer de montrer que, en réalité, l’histoire de l’Isti-Ifasic-Unisic ressemble à celle de la formation en journalisme, au niveau universel.
Primo : en 1899 est créée à Paris l’Esj, Ecole supérieure de journalisme. Elle se définit par son « autonomie » à l’égard de la tutelle de la Sorbonne, université du clergé catholique. Malembé fera autant de l’Isti, par rapport à l’ex-Lovanium, en 1973.
Secundo : en 1906 le journaliste américain Ivy Lee fonde les Relations publiques, un journalisme libéré des contraintes d’une « information précise », au lieu d’être plutôt une information « précisée », au gré d’un intérêt honnêtement avoué. Dès 1975, Malembé ajoutera à la formation des journalistes à l’Isti, celle des Relations publiques.
Tertio : en 1963 le pape Paul VI publie le décret Inter Mirifica, qui considère les médias comme une « merveille », fabriquée par l’être humain « avec l’aide de Dieu ». Le pape renomme les médias : « moyens de communication sociale », parce qu’ils atteignent « l’humanité tout entière ». Et à l’Ifasic, en 2003 Ekambo, fils scientifique de Malembé, amènera de nouvelles Facultés, en plus de celle du journalisme, dont la Communication sociale.
Quarto : en 2023 toutes ces Facultés se réunissent en Unisic (Université des Sic). Celle-ci est à percevoir désormais comme « académie de journalisme ». Le rôle attendu : écouter la société et son époque, afin de rassembler dorénavant tous les principes et les pratiques de communication dans une doxa congolaise, c’est-à-dire « un ordre accepté comme allant de soi » (Bourdieu, Critique sociale du jugement, 1979 : 549).
Ainsi, dans ce nouveau rôle d’Académie, l’Unisic devra, non seulement ordonner ce qui se fait, mais aussi devancer les défis à venir, dans ce champ des Sic où, tel qu’on le sait, les technologies se renouvellent chaque jour. En conclusion, pour moi, Isti = école ; Ifasic = faculté ; Unisic = académie


