Par Grâce Kobele
Depuis Lusaka, en Zambie, où avait été signé en 1999 l’Accord de cessez-le-feu, l’espoir d’une paix durable dans la région des Grands Lacs revient avec force. Le 4 décembre 2025, un nouvel Accord de paix dit de Washington a été signé, réunissant les dirigeants de la RDC, du Rwanda, ainsi que plusieurs chefs d’État de la région, sous l’égide du Président américain Donald Trump. Ce moment historique est perçu comme une étape cruciale pour mettre fin définitivement aux conflits armés qui ont endeuillé la région, avec une caution morale forte donnée par la présence de ces acteurs régionaux.
Julien Paluku, analyste politique et ministre congolais du commerce extérieur, rappelle cependant la prudence à avoir dans l’interprétation de cet accord. Il souligne la maxime bien connue des experts en gestion de conflits dans les Grands Lacs : « TALK AND FIGHT » (parler et se battre), illustrant la complexité et la fragilité du processus de paix local. Paluku exhume les précédents accords, dont ceux d’Arusha en 1993 et de Lusaka en 1999, dont les suites tragiques restent toujours présentes dans la mémoire collective, notamment les assassinats des présidents Habyarimana, Kabila et même Sadate après les accords historiques du Camp David en 1978.
Pour Julien Paluku, cette analyse historique rigoureuse est indispensable pour que la RDC construise un avenir conscient et stable. Il appelle la population à soutenir fermement le Président Félix-Antoine Tshisekedi dans sa quête de paix face aux nombreux défis, notamment les pressions et manœuvres des réseaux mafieux qui continuent de menacer la stabilité du pays.
Selon lui, le Chef de l’État est un véritable patrimoine national et un obstacle majeur aux forces néfastes qui tentent de fragiliser la République.
Enfin, Paluku rappelle le rôle crucial des FARDC et des services de sécurité, qu’il juge bien préparés à défendre cet acquis fragile mais prometteur. Il conclut avec un appel fort à une vigilance constante, afin que cet accord ne reste pas simplement un texte, mais devienne la réalité d’une paix durable.
Cet éclairage de Julien Paluku offre une lecture lucide et nuancée d’un événement politique majeur, invitant à la fois à l’optimisme réfléchi et à la vigilance active.


