Par EOE
La journée du mercredi 30 août 2023 était très tendue, dans la ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu dans l’Est de la RDC.
Des manifestants identifiés comme des adeptes de la secte mystico-religieuse wazalendo étaient sur la rue pour exiger le départ de la Monusco et de la force régionale de l’EAC du sol congolais.
Leur manifestation a été « brutalement » réprimée laissant derrière elle de nombreux dégâts matériels ainsi que des pertes en vies humaines. D’après l’Agence France Presse (AFP), l’on dénombre près de quarante-huit (48) morts. Un bilan qui contredit celui avancé par les autorités militaires locales selon lesquelles seulement six (6) personnes auraient perdu leur vie.
Cette situation n’a pas laissé indifférent de nombreux acteurs politiques et activistes de la société civile. Martin Fayulu, leader de Lamuka, a dénoncé ces tueries et plaide pour l’ouverture d’une enquête sérieuse afin de sanctionner les auteurs de ce carnage.
“Nous condamnons le carnage à Goma des membres d’un groupe révolté contre l’insécurité, perpétré par nos éléments des FARDC sous le commandement du gouverneur militaire du Nord-Kivu. Les dépouilles des victimes ont été traitées avec le plus grand déni d’humanité. Personne n’a le droit d’ôter la vie à un concitoyen manifestant qu’importe ses croyances et son combat. Cette énième violation des droits humains doit faire l’objet d’une enquête sérieuse et les responsables punis”, a déclaré Martin Fayulu.
À son tour, le leader d’Ensemble pour la République, Moïse Katumbi, depuis Lubumbashi où il se trouve, dénonce l’incapacité du Gouvernement à mettre un terme à l’insécurité à l’Est.
“Je condamne le massacre qui vient d’avoir lieu à Goma. Les victimes étaient non armées. Cette tuerie est un crime contre l’humanité. Les images qui circulent sont insupportables car le droit à la vie est sacré ! Toutes mes condoléances aux familles et proches des victimes. L’incapacité du Gouvernement à mettre un terme à l’insécurité est son plus grand échec. Dans tout le pays, des criminels sont en liberté. À Goma, une enquête doit être diligentée. Les auteurs des tueries ainsi que leurs commanditaires doivent être identifiés, traduits en justice et condamnés avec sévérité. Aucun crime ne peut rester impuni », a-t-il balancé sur son compte Twitter officiel.
Plusieurs autres acteurs de la société civile ainsi que des acteurs politiques ont réagi à ce sujet pour dénoncer ces tueries. Les manifestants accusent la Monusco de son inaction face aux exactions des mouvements rebelles dans cette partie Est du pays.


