Par la rédaction
Dans une interview diffusée sur le Journal Afrique de TV5 Monde, Prince Epenge, porte-parole de la coalition LAMUKA dirigée par Martin Fayulu, a vivement critiqué à la fois la stratégie de certains acteurs armés dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) et la politique interne du président Félix Tshisekedi. Ses propos provoquent une onde de choc politique à quelques semaines du prochain cycle électoral.
Epenge a dénoncé le flou autour des revendications du chef rebelle reconnu comme “Monsieur Nangaa”, estimant que ces dernières n’ont rien à voir avec les préoccupations réelles de l’opposition congolaise. « En toute honnêteté, nous ne savons pas ce que Monsieur Nangaa revendique », a-t-il déclaré, pointant l’incohérence des discours récents tenus par ce leader armé.
Selon Epenge, les premières accusations portaient sur une prétendue dictature instaurée par Félix Tshisekedi. « Au début, il nous a dit que Monsieur Tshisekedi était un dictateur. Ça, nous pouvons le partager avec lui, parce que Félix Tshisekedi est en train d’instaurer une dictature au Congo », a affirmé le porte-parole de LAMUKA. Pour Epenge, critiquer un pouvoir jugé autoritaire est légitime, mais cela ne peut justifier une alliance avec des forces extérieures ou des acteurs aux motivations opaques.
L’opposant poursuit en liant les revendications plus récentes de “Monsieur Nangaa” à des intérêts externes : « Après, il a dit qu’il veut un État fédéral. Évidemment, ça, c’est la revendication de Paul Kagame qu’il est en train de porter. La guerre qu’il est en train de mener aujourd’hui n’a pas de raison d’être. » Epenge a ainsi accusé indirectement Kigali d’influencer certains chefs rebelles et d’instrumentaliser le conflit dans l’est congolais à des fins géopolitiques.
Toutefois, malgré ces critiques sévères à l’égard de Tshisekedi sur le plan intérieur, Epenge a clairement rejeté l’idée d’une collaboration entre l’opposition congolaise et des forces qu’il juge étrangères à l’aspiration populaire : « Félix a instauré une dictature au Congo, mais on peut combattre une dictature sans vendre son âme à Kagame », a-t-il martelé.
Cette sortie intervient dans un contexte politique déjà tendu, marqué par la montée des violences dans les provinces de l’est et les pressions internationales sur Kinshasa et Kigali pour trouver une solution durable. Les propos d’Epenge risquent d’alimenter un débat intense au sein de l’opposition congolaise, tiraillée entre critiques du pouvoir central et refus de s’associer à des mouvements armés stigmatisés.
Analystes et acteurs politiques suivent de près les réactions de la classe politique congolaise à ces déclarations, particulièrement alors que la perspective d’un Conseil de sécurité des Nations unies s’ouvre à la RDC, offrant à Kinshasa une plateforme internationale pour défendre ses positions.


