Le lundi dernier, une délégation de Journaliste en danger (JED), conduite par son président Tshivis Tshivuadi, a été reçue par le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe. Cette rencontre avait pour but de lui présenter le rapport annuel 2025 de l’organisation ainsi que les conclusions de la mission menée en Suède, où JED a reçu le Prix de la liberté de la presse à Stockholm.
Cet échange intervient peu après la grande soirée officielle organisée samedi dernier à Kinshasa pour dévoiler ce rapport. Absente à cette occasion en raison d’une mission à l’étranger, la présence du ministre était jugée essentielle par Tshivuadi pour partager ce bilan.« Il nous a paru important de lui faire ce compte rendu de notre voyage à Stockholm, car cette distinction, qui récompense plusieurs années d’engagement de JED, est aussi le fruit des soutiens de nombreux partenaires, parmi lesquels figure le ministre avec qui nous collaborons depuis longtemps », a-t-il expliqué.Une distinction pour encourager la poursuite du combatTshivis Tshivuadi a insisté sur la portée symbolique de ce prix : « Ce n’est pas une récompense qui clôt un parcours, mais une reconnaissance et surtout un encouragement à continuer notre travail face aux nombreux défis qui demeurent. »
Pour lui, renforcer la liberté de la presse reste une priorité majeure : « Pour relever les défis à venir, nous comptons toujours sur le soutien et l’accompagnement du ministre. »
Les médias, acteurs clés de la paix
Lors des échanges, JED a salué la disponibilité du ministre à appuyer les initiatives visant à renforcer la presse congolaise, particulièrement dans un contexte national marqué par un processus de normalisation.
« Nous entrons dans une nouvelle phase, celle de la paix. Les médias ont un rôle crucial à jouer en accompagnant ces processus pour restaurer la sécurité et l’autorité de l’État. Pour cela, un environnement médiatique capable de diffuser des informations apaisantes et rassembleuses est indispensable », a souligné Tshivuadi.
L’Est du pays, épicentre des violations
Répondant à certaines interprétations biaisées du rapport annuel, Tshivuadi a clarifié les données présentées. « Notre rapport porte spécifiquement sur l’Est du pays, où des crimes de guerre graves ont été commis contre la presse. Aujourd’hui, 80% des attaques contre les journalistes se déroulent dans les zones contrôlées par les groupes armés », a-t-il indiqué.
Il a précisé : « Nous ne faisons aucune comparaison malveillante. Les chiffres montrent clairement que 80% des assassinats de journalistes ont lieu dans l’Est, où l’insécurité chronique reste le principal obstacle à la paix et à la sécurité des professionnels des médias. »
Un appel à la reconnaissance nationale
Tshivis Tshivuadi a souligné la persévérance de JED malgré le manque de financements locaux : « Cela fait 27 ans que nous résistons, principalement grâce à des ressources venues de l’étranger. Nous avons tenu bon, mais il est temps que la reconnaissance et le soutien viennent aussi de l’intérieur du pays. »
« Nous travaillons pour le Congo et pour ses journalistes. Il est essentiel que cette mission soit désormais saluée et soutenue par les autorités nationales », a conclu le président de JED.


