Par Grâce Kobele
L’École doctorale a organisé une séance de partage d’expérience réunissant le Chef de travaux Fabrice Akaa Lukangi et l’Assistant Axel Ngotcho, chercheur de l’UNISIC, actuellement en mobilité scientifique à l’Université Aix-Marseille en France.
Cette rencontre avait pour objectif de mettre en lumière les contrastes entre le contexte de la recherche en République démocratique du Congo et celui des universités européennes, à travers une analyse comparative des réalités, opportunités et contraintes propres à chaque environnement.

Des défis structurels en RDC
Selon le Chef de travaux Fabrice Akaa, la recherche scientifique en RDC fait face à plusieurs obstacles majeurs : accès limité aux données, faiblesse des financements, bibliothèques insuffisamment fournies et difficultés d’accès aux bases de données internationales.

À ces contraintes matérielles s’ajoutent des pesanteurs administratives. Il a notamment évoqué la lenteur dans le traitement des travaux soumis, parfois tributaire de décisions individuelles, ce qui complique le respect des délais et freine la dynamique scientifique.
Sa thèse, intitulée « Communication politique et révision constitutionnelle en RDC. Analyse des modes de prise de position du public », explore les mécanismes d’expression citoyenne dans le débat constitutionnel congolais.

Un cadre structuré mais exigeant en France
De son côté, l’Assistant Axel Ngotcho a décrit un environnement de recherche européen plus structuré : bibliothèques bien fournies, accès facilité aux ressources numériques et respect strict des calendriers académiques.
Cependant, cette organisation s’accompagne d’une forte pression de résultats. Les exigences de productivité scientifique et le respect rigoureux des échéances peuvent représenter un défi considérable, surtout lorsque le chercheur ne bénéficie pas d’une bourse et doit composer avec des contraintes financières similaires à celles rencontrées en RDC.
Ses recherches, presque achevées, portent sur « L’indépendance journalistique au prisme du financement des médias numériques en RDC de 2016 à 2025 », une analyse approfondie des enjeux économiques et éditoriaux du paysage médiatique congolais.
Un échange enrichissant pour les doctorants
Organisée sur orientation du Secrétaire général à la recherche, le Professeur Pierre Nsana, la séance a suscité un vif intérêt auprès des doctorants et apprenants désireux d’élargir leur perspective scientifique à travers les témoignages de leurs pairs.
Les échanges ont été modérés par le Professeur David Pata et se sont déroulés sous la supervision du Professeur Philippe Ntonda, Directeur de l’École doctorale.
Cette initiative a permis de souligner qu’au-delà des différences de contexte, la recherche demeure un engagement exigeant, façonné à la fois par les ressources disponibles et par la détermination du chercheur.


