Par la rédaction
Le Gouvernement de la République démocratique du Congo annonce la mise en œuvre d’un plan de restauration progressive de l’autorité de l’État dans la ville d’Uvira et ses environs, avec pour objectif de rétablir durablement la sécurité et de garantir la protection des populations civiles.
Cette annonce est contenue dans un communiqué du ministère de la Communication et Médias, parvenu à notre rédaction ce lundi 19 janvier 2025. Selon ce document, le plan repose sur une approche coordonnée intégrant des mesures sécuritaires, judiciaires et humanitaires, destinées à renforcer la sécurité, protéger les civils et favoriser la stabilisation sociale dans cette zone du territoire national.
Cette décision intervient à la suite du retrait forcé de l’armée rwandaise et de ses supplétifs de l’AFC/M23 de la ville d’Uvira. D’après le Gouvernement congolais, ce retrait a été précédé par des actes répétés et systématiques de pillage et de vols à grande échelle, l’instauration d’un désordre prémédité, le maintien d’un climat d’insécurité persistante, ainsi que des pratiques de stigmatisation communautaire. Ces agissements ont gravement affecté la cohésion sociale et exposé les populations civiles à des risques accrus.
Dans ces conditions, Kinshasa estime que ce retrait ne peut être considéré comme un acte de bonne foi, ni comme une démarche traduisant une volonté réelle d’apaisement. Le Gouvernement précise en outre que le départ des forces rwandaises d’Uvira constitue un fait ponctuel et ne saurait être interprété ni comme la fin de l’agression, ni comme une amélioration substantielle de la situation sécuritaire générale dans l’Est du pays.
Pour les autorités congolaises, la seule issue acceptable demeure le retrait total, effectif et sans condition des forces rwandaises et de leurs supplétifs de l’ensemble du territoire de la République démocratique du Congo. Cette exigence s’inscrit dans le respect de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations Unies, des engagements pris dans le cadre de l’Accord de Washington du 27 juin 2025, ainsi que du processus de Doha.
Dans ce contexte, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), la Police nationale congolaise (PNC) et les autres services de sécurité poursuivent leur retour progressif et ordonné à Uvira et dans les zones environnantes, conformément à leurs missions régaliennes. L’objectif est de rétablir l’autorité de l’État, d’assurer la sécurité des personnes et de leurs biens, et de contenir les conséquences du chaos laissé par l’armée rwandaise et les supplétifs de l’AFC/M23.
Par ailleurs, le Gouvernement congolais dénonce la déportation de populations civiles, notamment des membres de la communauté banyamulenge. Certains d’entre eux auraient été contraints de quitter la ville d’Uvira par les forces rwandaises et leurs supplétifs, dans le but de s’en servir comme prétexte pour justifier leur présence sur le sol congolais.
Ces pratiques, qualifiées d’inacceptables, constituent de graves violations des droits fondamentaux des personnes concernées. Le Gouvernement salue le courage et le sens de responsabilité de la communauté banyamulenge, qui refuse de servir d’alibi à l’agression rwandaise contre la République démocratique du Congo.
Enfin, les autorités appellent l’ensemble de la population au calme, à la retenue et au sens de responsabilité. Elles exhortent chacun à ne pas céder à la manipulation, à la désinformation ni aux discours de stigmatisation susceptibles d’alimenter les tensions et de servir les intérêts de l’ennemi.
En conclusion, le Gouvernement de la République démocratique du Congo réaffirme que la paix durable ne peut résulter de retraits partiels ou circonstanciels, mais d’un processus conduisant à la cessation totale de toute présence de l’armée rwandaise sur le territoire national et de son soutien au M23. Il assure demeurer pleinement mobilisé pour la protection des populations civiles, la défense de l’intégrité territoriale et la préservation de l’ordre public.


