Par Jespere Labunda
La 56ᵉ édition du Forum économique mondial de Davos s’est ouverte le mardi 20 janvier 2026 en Suisse, réunissant près de 3 000 dirigeants politiques, chefs d’entreprise, décideurs financiers, chercheurs et acteurs de la société civile venus des quatre coins du monde. Ce rendez-vous annuel de haut niveau vise à analyser les grands défis globaux et à formuler des réponses concertées face aux mutations économiques, technologiques et géopolitiques.

Parmi les participants figure le ministre congolais du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, membre de la délégation officielle conduite par le Président de la République, Félix Tshisekedi Tshilombo. Le ministre est intervenu dans plusieurs panels stratégiques, notamment ceux consacrés à la question : « Comment l’Afrique peut-elle prospérer dans la nouvelle économie ? » ainsi qu’à la dynamique croissante de la coopération Sud-Sud.
Dans un contexte marqué par les débats sur l’intelligence artificielle, les cryptomonnaies, les tensions géoéconomiques et la transition énergétique, Julien Paluku Kahongya a défendu une vision ambitieuse et prospective à l’horizon 2030-2040. Il a plaidé pour une redéfinition profonde de la coopération Sud-Sud, qu’il a présentée non plus comme un cadre périphérique, mais comme une véritable communauté de solidarité d’intérêts capable de soutenir la co-industrialisation des pays du Sud.
Selon le ministre, cette approche doit permettre à l’Afrique d’opérer un changement structurel majeur, en passant du rôle traditionnel de fournisseur de matières premières à celui d’acteur technologique et industriel à part entière. Il a ainsi appelé à la mise en place d’axes stratégiques solides favorisant l’innovation, la transformation locale et l’intégration régionale.

S’appuyant sur les capacités financières internes du continent, Julien Paluku Kahongya a rappelé que l’Afrique dispose de près de 800 milliards de dollars de ressources dormantes dans les fonds de pension, un potentiel qu’il estime déterminant pour financer la transformation économique africaine.
Le ministre a par ailleurs invité l’Union européenne à rééquilibrer ses priorités de financement, en orientant davantage de ressources vers le développement du continent africain, plutôt que de concentrer l’essentiel de ses efforts sur la seule gestion de la crise ukrainienne.
La participation active de la République démocratique du Congo à ce forum mondial s’inscrit dans une stratégie visant à renforcer un commerce multilatéral sécurisé, à intégrer davantage le pays dans les chaînes de valeur internationales et à consolider des partenariats stratégiques durables.


