Par Laetitia Prunelle
Kinshasa, 30 avril 2026 — Le gouvernement de la République démocratique du Congo a salué avec fermeté la décision des États-Unis d’imposer des sanctions ciblées contre l’ancien président Joseph Kabila, accusé d’implication dans la déstabilisation persistante de l’Est du pays.
Dans un communiqué officiel, les autorités congolaises ont qualifié cette mesure, prise par l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), d’« acte important » dans la lutte contre l’impunité et pour le respect de la souveraineté nationale. Cette décision s’inscrit dans la continuité des sanctions déjà infligées en mars 2026 à des membres des Forces de défense rwandaises (RDF) et à certains responsables militaires rwandais.
Une portée politique et opérationnelle
Au-delà de son poids symbolique, Kinshasa insiste sur la portée concrète de ces sanctions. En limitant l’accès aux ressources financières et aux réseaux logistiques internationaux, elles visent à freiner les capacités de nuisance des acteurs impliqués dans le conflit armé à l’Est, notamment les groupes liés à l’M23 et à l’AFC.
Le gouvernement rappelle que la justice congolaise a déjà condamné Joseph Kabila pour des faits graves, incluant trahison, participation à un mouvement insurrectionnel et crimes de guerre. Ces accusations, rejetées par les proches de l’ancien chef de l’État, marquent une rupture profonde dans le paysage politique congolais.
Une crise humanitaire persistante
Kinshasa dénonce également la poursuite de l’agression attribuée aux Forces de défense rwandaises et à leurs alliés, accusés de provoquer des pertes humaines massives, des déplacements forcés et de graves violations des droits humains dans l’Est du pays.
Cette situation continue d’alimenter une crise humanitaire majeure dans la région des Grands Lacs, où des millions de civils restent affectés par les violences.
Appel à une mobilisation internationale
Le gouvernement congolais a exprimé sa reconnaissance envers l’administration de Donald Trump pour cette décision, qu’il considère comme conforme aux engagements pris dans le cadre des Accords de Washington.
Il appelle la communauté internationale à renforcer les mesures dissuasives contre tous les acteurs impliqués dans l’instabilité régionale, soulignant qu’« aucun processus de paix crédible ne peut prospérer sur l’impunité ».
Vers une paix conditionnée à la justice
Enfin, Kinshasa rappelle que le retour à la paix passe par le retrait immédiat des forces étrangères du territoire congolais et la fin de tout soutien aux groupes armés, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies.
Le message est clair : pour les autorités congolaises, la paix durable ne pourra être atteinte sans vérité, justice et réparation pour les victimes — autant de principes désormais placés au cœur de la stratégie diplomatique du pays.


